La Malterie de Beloeil fermera définitivement ses portes
La plus ancienne malterie de Belgique, active depuis 1868, cessera toute activité au 31 décembre 2026. Une trentaine d'emplois sont en jeu dans un secteur brassicole déjà fragilisé.
C'est un coup dur pour les travailleurs de la Malterie de Beloeil. Selon nos confrères de l'Avenir, la direction a annoncé mercredi, lors d'une réunion extraordinaire, l'arrêt définitif de la production prévu pour fin 2026. Environ 35 personnes, réparties entre les sites de Ghlin et de Beloeil, sont concernées. Une procédure Renault a été lancée pour envisager le reclassement d'une partie du personnel.
L'entreprise n'a pourtant rien d'anecdotique : rachetée en 2023 par le groupe français Soufflet, premier malteur mondial, elle exportait 95 % de sa production vers plus de 140 pays, fournissant 3 600 brasseries et distillateurs à travers le monde grâce à une centaine de variétés de malts.
Sur le plan financier, la dégradation a été rapide : après un bénéfice de 16,6 millions d'euros en 2023, la malterie n'en dégageait plus que 2 millions en 2024, avant de basculer dans une perte de 2,14 millions en 2025, tandis que son chiffre d'affaires reculait de plus de 10 %. En toile de fond, une consommation de bière en baisse fragilise l'ensemble du secteur. Une source interne y voit toutefois davantage un choix stratégique du groupe qu'une obligation financière, la situation n'étant, selon elle, pas catastrophique.
D'autres facteurs ont pesé : des installations vieillissantes réclamant de lourds investissements, et un permis d'exploitation arrivant à échéance, dont le renouvellement aurait nécessité une mise aux normes coûteuse.
La fermeture touchera aussi le tissu brassicole local : des brasseries de Wallonie picarde, comme celles des Légendes à Irchonwelz ou des Carrières à Basècles, devront désormais se fournir ailleurs, par exemple chez Dingemans, en région anversoise. Avec elle disparaît un savoir-faire unique, bâti depuis près de 160 ans autour de la torréfaction et de la caramélisation de l'orge.
Ce que dit la direction
Contactée, la direction de Soufflet Malt confirme son intention de suspendre la production du site de Beloeil pour une durée indéterminée à partir de fin décembre 2026, invoquant les investissements importants qu'exigerait le maintien de l'activité et sa mise en conformité avec la réglementation belge. L'entreprise précise que des discussions ont été engagées avec le personnel, dans le cadre d'un processus de consultation mené conformément à la législation belge, et qu'elle ne communiquera pas davantage tant que celui-ci est en cours.
Sur le plan commercial, la production des produits Castle Malting sera transférée vers les sites français du groupe. Soufflet Malt assure qu'aucun changement n'interviendra pour les clients, que ce soit au niveau des recettes, des spécifications techniques, des standards de qualité ou des équipes commerciales, et que la continuité des livraisons sera garantie. La direction insiste également sur le fait que la marque Castle Malting conservera son identité belge et son ancrage dans la tradition brassicole du pays, malgré l'arrêt de la production sur le sol belge.
Th. D.