Enseignement à Tournai : deux instituteurs sans classe après le recomptage
Les craintes portaient encore jeudi sur la perte de six emplois dans l'enseignement communal tournaisien à la suite du recomptage de la population scolaire. Ce vendredi, la situation semble être en partie débloquée.
Chaque année, la fin du mois de septembre constitue une échéance importante pour les écoles avec le recomptage de la population scolaire. Celui-ci peut avoir des conséquences directes sur le nombre de périodes accordées aux établissements et donc sur l'emploi des enseignants.
À Tournai, les premières projections avaient suscité de fortes inquiétudes. Jeudi, jusqu'à six emplois étaient évoqués comme potentiellement menacés. Après plusieurs démarches menées par le service enseignement, le bilan semble finalement moins lourd. " Une enseignante et un mi-temps restent sans classe aujourd'hui. Les autres temps pleins et mi-temps ont accepté de faire des remplacements dans des écoles qui nécessitaient justement des enseignants supplémentaires ", explique Natacha Duroisin (Les Engagés), échevine de l'Enseignement.
La majorité des enseignants concernés auraient donc retrouvé une affectation. Reste désormais à trouver une solution pour cet équivalent temps plein et demi.
La Ville espère pouvoir contester le recomptage
La Ville estime que la situation particulière vécue ces derniers mois par son enseignement communal mérite d'être prise en considération. Le service enseignement s'est basé sur la circulaire de rentrée pour établir ses calculs. Mais, selon les autorités communales, celle-ci ne réglerait pas clairement certains cas particuliers liés notamment aux fermetures ou aux réorganisations d'écoles. Tournai a justement été confrontée à plusieurs situations de ce type, notamment à Froidmont et Béclers.
Face à ce qu'elle considère comme un flou dans les règles, la Ville veut savoir si le recomptage peut faire l'objet d'un recours. À la demande de Natacha Duroisin, la bourgmestre Marie Christine Marghem a pris contact avec la ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny. " La ministre a été informée de la situation de recomptage sur Tournai. On espère avoir de sa part des informations concernant la possibilité d'un éventuel recours et la prise en compte de notre spécificité ici sur le territoire tournaisien ", poursuit l'échevine.
La situation d'Arthur Haulot également mise en avant
Autre particularité que la Ville souhaite faire valoir, c'est celui de la situation vécue par l'école Arthur Haulot. Faute d'avoir obtenu les subsides espérés, la Ville avait finalement décidé de relocaliser l'établissement sur le site de Jean Noté.
Une solution qui a permis de maintenir l'école mais tous les élèves n'ont pas suivi lors du changement de site. Cette baisse du nombre d'inscriptions se répercute aujourd'hui sur le recomptage. " Même si les inscriptions sont aujourd'hui vraiment importantes, certains élèves n'ont pas forcément pu suivre. Mais si on n'avait pas opté pour cette relocalisation sur le site Jean Noté, on aurait perdu beaucoup plus d'enfants et inévitablement le recomptage aurait eu un impact encore plus important en termes de temps pleins enseignants ", estime Natacha Duroisin.
Pour la Ville, l'absence de financement obtenu pour Arthur Haulot et les interrogations autour de la prise en compte des fermetures et réorganisations d'écoles constituent donc deux éléments à faire valoir auprès de la ministre selon l'échevine de l'Enseignement.
Des moyens communaux pour limiter la casse
Sans attendre l'issue de cette démarche, le collège communal dit vouloir trouver également une solution pour l'équivalent temps plein et demi toujours sans classe. Natacha Duroisin nous annonce avoir proposé d'utiliser un crédit budgétaire spécifique consacré à l'enseignement afin d'offrir temporairement une " bouffée d'oxygène " aux enseignants concernés. Une proposition qui a reçu le soutien du collège communal. " Pratiquement, c'est compliqué d'utiliser des crédits budgétaires en si peu de temps. L'idée est d'offrir cette bouffée d'oxygène aux enseignants jusqu'au début des prochaines vacances scolaires. Cela leur donnerait au moins la possibilité de se retourner ", explique l'échevine.
Les modalités doivent encore être étudiées et aucune garantie n'est avancée à ce stade. " Je ne promets rien, on ne promet rien. Ce que je peux juste mentionner, c'est qu'au niveau du collège communal, il y a vraiment un soutien important par rapport à cette situation ", conclut Natacha Duroisin.
La Ville attend désormais le retour de la ministre Valérie Glatigny pour savoir si une contestation du recomptage est possible et si les circonstances particulières rencontrées à Tournai peuvent être prises en considération.
R.R. et B.D.