Sécurisation et dépollution du site de Flaurea Chemicals à Ath : qui doit prendre en charge ?

Sécurisation et dépollution du site de Flaurea Chemicals à Ath : qui doit prendre en charge ?

Ath
Sécurisation et dépollution du site de Flaurea Chemicals à Ath : qui doit prendre en charge ?

Après la faillite de l'entreprise industrielle et le licenciement de 50 travailleurs, les questions entourant la pollution du sol, l'évacuation des produits chimiques et le coût de la dépollution alimentent les débats. Une question reste sans réponse : qui doit prendre en charge la sécurisation du site et sa dépollution ?

Le dossier du site industriel Flaurea Chemicals est devenu un sujet récurrent sur la scène politique, revenant de manière systématique sur les tables du conseil communal d'Ath comme devant le Parlement wallon.

La question du devenir du site a une nouvelle fois animé les échanges lors du dernier conseil communal d'Ath, où deux conseillers ont interpellé le collège communal.

En premier lieu, le conseiller communal Eric Badile (PS) est revenu sur la situation sociale et environnementale après la mise en faillite de l'exploitant. Rappelant le suivi assuré avec le Forem pour lancer la cellule de reconversion des travailleurs cet été, l'élu s'est concentré sur le devenir du terrain et l'application du décret sol. " Qui prendra en charge les frais de dépollution ? Pouvez-vous rassurer les Athois que ce ne sera pas eux qui paieront la facture ? ", a interpellé Eric Badile.

Dans la foulée, Samuel Pierquin, conseiller communal de l'opposition (Les Engagés), a appuyé ces inquiétudes en mettant l'accent sur la dangerosité potentielle des substances encore présentes dans les installations, comme il l'avait déjà fait précédemment. " Auriez-vous l'amabilité de nous informer quant aux mesures de sécurité prises ? ", a demandé Samuel Pierquin.

La mission du curateur terminée

Face à ces interrogations, l'échevine Ludivine Gauthier (PS) a tenu à clarifier la situation juridique en distinguant la société exploitante en faillite de la société immobilière, propriétaire du site. Elle a aussi rappelé le peu de marge de manoeuvre dont dispose la Ville dans ce dossier.

Cependant, Ludivine Gauthier a annoncé que la mission du curateur était à présent clôturée. " Le curateur a été désigné en février 2026 et la mission du curateur, c'était de finaliser la faillite, mais également de prendre les mesures nécessaires à la sécurisation du site. Nous avons été informés que la mission du curateur avait pris fin cet été, et à présent, il appartient donc au propriétaire du site d'assumer l'ensemble de ses obligations ", a-t-elle précisé.

Outre des démarches entreprises auprès du propriétaire, la Ville a aussi pris l'initiative de convoquer une réunion de coordination en septembre avec l'ensemble des instances concernées. " L'objectif, c'est de garantir une meilleure circulation des informations et une gestion optimale du dossier dans les différents rôles respectifs de chacun ", a ajouté l'échevine.

L'échevine a également balayé fermement les rumeurs d'un rachat du terrain par les autorités locales : " La Ville n'est pas candidate et ne l'a d'ailleurs jamais été pour acquérir un site, aussi peu cher soit-il, pollué et en faire payer le citoyen ", a martelé Ludivine Gauthier.

Un PV dressé contre la curatelle

Quelques jours plus tard, c'est lors de la commission de la Santé, de l'Environnement et de l'Action sociale du Parlement wallon que le sujet est revenu sur la table. Le député wallon Bruno Lefèbvre (PS) a directement interrogé le ministre wallon de l'Environnement, Yves Coppieters (Les Engagés). " Disposez-vous d'informations complémentaires concernant la situation du site ? Quelles informations ressortent des différents échanges et analyses menés par les services du SPW concernés ? ", a demandé Bruno Lefèbvre.

Dans sa réponse, le ministre a tenu à rectifier le rôle de la curatelle. " Il résulte des échanges que les curateurs entendent faire supporter à l'Immobilière de Blachou, propriétaire des lieux, l'ensemble des obligations environnementales et liées au statut Seveso. Cela concerne notamment la réalisation de l'étude d'orientation, le traitement des eaux par la station d'épuration et le maintien de la sécurisation du site ", a-t-il détaillé.

Or, selon Yves Coppieters, " l'article 20 du décret relatif à la gestion et à l'assainissement des sols désigne expressément le curateur comme titulaire de l'obligation de déposer l'étude d'orientation prévue à l'article 19. Les frais qui en résultent constituent une dette de masse, payée prioritairement aux autres créanciers ".

Le ministre a par ailleurs précisé qu'aucune étude d'orientation n'avait été transmise à la Direction de l'assainissement des sols à la mi-juillet. " Le Département de la police et des contrôles a donc dressé le 6 août 2026 un procès-verbal à charge des curateurs pour infraction au Code de l'environnement ", a ajouté le ministre, qui précise encore que l'étude n'avait toujours pas été réceptionnée en date du 10 septembre.

Un délai supplémentaire demandé pour la sécurisation

Concernant la sécurisation du site et l'évacuation des déchets, le ministre a précisé qu'une inspection Seveso avait eu lieu le 7 juillet 2026. Elle a été réalisée par le Département de la police et des contrôles ainsi que le Département de l'environnement et de l'eau, et ce, en présence de représentants du groupe Aurea.

" Le rapport d'inspection a été envoyé par courrier recommandé le 23 juillet 2026 à l'administrateur de l'Immobilière de Blachou. Il dresse l'état des lieux du site et fixe une série de mesures de sécurisation à mettre en oeuvre, selon un calendrier échelonné entre le 31 juillet et le 31 août 2026 ", précise le ministre Coppieters.

Le recommandé n'ayant pas été réceptionné, le rapport a été renvoyé par courrier simple à la fin du mois d'août. À la suite de cela, le conseil de l'Immobilière de Blachou, propriétaire du site, a sollicité un délai supplémentaire afin de mettre en oeuvre les mesures prescrites.


A.D.