Abri de nuit à Tournai : Delphine Delaunois accuse le CPAS d'avoir fait perdre un mois dans le dossier

Abri de nuit à Tournai : Delphine Delaunois accuse le CPAS d'avoir fait perdre un mois dans le dossier

Tournai
Abri de nuit à Tournai : Delphine Delaunois accuse le CPAS d'avoir fait perdre un mois dans le dossier

Alors que le Plan Grand Froid débute ce dimanche 1er novembre, l'abri de nuit de Tournai ne devrait rouvrir que le 1er décembre.

"Si le CPAS s'était saisi du dossier dès le départ, l'abri ouvrirait dimanche (et certainement même avant)." Dans un communiqué diffusé ce jeudi 29 octobre, Delphine Delaunois, échevine de l'Égalité des chances (Les Engagés) à Tournai, critique ouvertement la gestion du dossier de l'abri de nuit par le CPAS.

Alors que le Plan Grand Froid entre en vigueur ce dimanche 1er novembre, la ville ne disposera pas immédiatement d'un abri de nuit opérationnel. Un nouveau bâtiment a bien été trouvé et le financement est bouclé, mais l'ouverture n'est envisagée que pour le 1er décembre, sous réserve des dernières validations.

Pour l'échevine, ce mois d'attente supplémentaire aurait pu être évité.

"Les démarches traînaient"

Delphine Delaunois rappelle que l'avenir de l'abri de nuit était connu depuis plusieurs mois. Une fermeture était initialement attendue en décembre 2026, mais la situation s'est accélérée fin août avec l'annonce d'une fermeture immédiate.

L'échevine explique avoir alors pris contact avec plusieurs acteurs, dont Auxiliis, propriétaire du bâtiment, le Relais social urbain de Tournai, la Région wallonne et le cabinet du ministre Yves Coppieters.

Le CPAS avait ensuite annoncé reprendre le dossier. Mais selon elle, malgré les informations qui lui avaient été transmises, les démarches n'ont pas avancé suffisamment rapidement.

"Il a fallu attendre mi-octobre pour que les choses s'accélèrent, dont la visite de l'abri de nuit actuellement fermé (élément essentiel qui aurait pu être anticipé)", déplore-t-elle.

Face à cette situation, Delphine Delaunois affirme avoir repris le dossier ces dernières semaines avec Caroline Mitri, échevine des Bâtiments, la bourgmestre, le Relais social urbain, la Région wallonne, le CPAS et d'autres partenaires.

Ces démarches ont finalement permis d'identifier un bâtiment et de boucler le financement nécessaire à sa mise en service.

"Caroline et moi avons dû réaliser en quelques semaines ce qui aurait dû être réalisé en plusieurs mois"

L'échevine ne cache pas son amertume malgré cette issue positive.

"Je ne vais pas tourner autour du pot : c'est un soulagement en demi-teinte. Si le CPAS s'était saisi du dossier dès le départ, l'abri ouvrirait dimanche (et certainement même avant). Caroline et moi avons dû réaliser en quelques semaines ce qui aurait dû être réalisé en plusieurs mois."

Delphine Delaunois estime que l'accueil des personnes en grande précarité relève directement des responsabilités du CPAS.

"Accueillir les personnes en grande précarité, c'est le coeur du métier d'un CPAS. Ailleurs, c'est une évidence. À Tournai aussi, ça doit l'être, et pas seulement pour cet hiver."

Des personnes sans abri toujours sans solution permanente

Au-delà des désaccords institutionnels, Delphine Delaunois insiste sur les conséquences concrètes de cette situation.

Selon elle, les travailleurs sociaux tournaisiens ont dû accompagner des personnes sans abri contraintes de trouver refuge dans des lieux non sécurisés, faute de solution d'hébergement nocturne.

En attendant l'ouverture annoncée pour le 1er décembre, le Relais social urbain de Tournai pourra activer des solutions temporaires de mise à l'abri en cas de froid. Une orientation vers l'abri de nuit de Mouscron fait notamment partie des possibilités évoquées.

Les Engagés veulent une reprise durable par le CPAS

Pour Delphine Delaunois, la question ne doit pas se limiter à trouver une solution pour cet hiver.

Avec Les Engagés de Tournai, elle plaide pour que le CPAS reprenne durablement la gestion de l'abri de nuit.

À l'approche des discussions budgétaires, elle demande que l'accueil nocturne des personnes sans abri soit considéré comme une priorité.

L'ouverture du nouvel abri reste, pour l'heure, annoncée au 1er décembre, à condition que les dernières validations soient obtenues.


E.H.