Wallonie picarde : la zone de secours est-elle prête à faire face aux incendies de forêt ?
Invités au conseil communal de Beloeil ce mercredi soir, les responsables de la zone de secours de Wallonie picarde ont présenté leur plan de préparation.
Les incendies qui ont frappé plusieurs régions européennes ces derniers mois poussent les services de secours à revoir leur préparation. La Wallonie picarde n'échappe pas à cette réflexion. Ce mercredi soir, à l'invitation du bourgmestre Bastien Marlot (MR+), le capitaine André Bougard et le commandant Baudouin Vervaeke sont venus présenter les mesures envisagées pour mieux faire face aux feux de forêt et d'espaces naturels.
Une problématique qui concerne directement Beloeil, dont le territoire compte plusieurs zones boisées, notamment la forêt de Stambruges et le bois de Beloeil.
Depuis le mois de juin, la zone de secours de Wallonie picarde mène une analyse des risques sur son territoire. Les interventions réalisées cette année, notamment dans les Hautes Fagnes et au bois de Bon-Secours, ont mis en évidence la nécessité d'adapter les moyens de lutte contre ces incendies.
Contrairement aux feux de bâtiments, les incendies de forêt nécessitent des équipements et des techniques spécifiques. La végétation, le relief, les vents dominants ou encore les difficultés d'accès compliquent considérablement le travail des pompiers.
Pour y répondre, la zone de secours travaille sur trois axes : l'acquisition de véhicules adaptés, le renouvellement du matériel d'intervention et la formation du personnel.
Un premier camion spécialement conçu pour les feux de forêt a déjà été acquis. D'autres investissements, notamment dans des véhicules-citernes et des équipements de protection, sont envisagés pour 2027 et 2028. Des formations seront également organisées avec l'appui de spécialistes français, habitués à intervenir sur des incendies de grande ampleur.
Pour le capitaine André Bougard, il ne s'agit toutefois pas d'alarmer la population. Le risque de voir se développer des incendies de forêt de grande ampleur en Wallonie picarde ne doit pas susciter d'inquiétude excessive. Mais mieux vaut prévenir que guérir. L'objectif est donc d'anticiper un scénario qui reste exceptionnel, en disposant du matériel, des formations et des moyens nécessaires pour intervenir efficacement si un tel événement devait se produire.
L'objectif est d'être mieux préparé dès la saison 2027.
Cette préparation passe aussi par une collaboration renforcée avec le Département de la nature et des forêts (DNF), les communes et les propriétaires de parcelles boisées. Il s'agit notamment de cartographier les zones à risques, d'identifier les voies d'accès et de prévoir d'éventuelles évacuations.
Des exercices pratiques devraient d'ailleurs être organisés dans plusieurs massifs forestiers de Wallonie picarde au cours de l'année prochaine.
Les effectifs des pompiers sont-ils suffisants ?
À l'issue de cette présentation, le conseiller communal de l'opposition Hubert Willems (L'Essentiel) a interpellé les responsables de la zone de secours sur une autre problématique : celle des effectifs.
Évoquant la diminution du nombre de sapeurs-pompiers et les difficultés rencontrées par le volontariat, il a souhaité savoir si la zone disposait de suffisamment de personnel pour répondre aux risques actuels et si une professionnalisation accrue était nécessaire.
Sur ce point, le commandant Baudouin Vervaeke s'est voulu rassurant. "Au niveau du nombre de pompiers professionnels, on estime qu'on en a assez", a-t-il expliqué, précisant que les effectifs permettent de répondre aux interventions quotidiennes sans difficulté majeure.
La situation est toutefois différente lorsqu'il faut mobiliser un grand nombre de pompiers sur une longue période, notamment lors d'incendies industriels ou de feux de forêt.
Dans ces circonstances, le recours aux volontaires reste indispensable. Et c'est précisément là que se situe l'un des défis de la zone de secours.
Le commandant reconnaît que le volontariat est aujourd'hui plus difficile à assurer. La zone poursuit donc ses campagnes de recrutement. Selon lui, celles-ci attirent généralement entre 80 et 100 candidatures, avec une évolution encourageante : de plus en plus de personnes qui ne sont pas déjà pompiers souhaitent rejoindre les rangs.
"Le volontariat a encore énormément d'avenir chez nous et on en a besoin", a insisté Baudouin Vervaeke.
Il estime également que les recrutements devront se poursuivre chaque année afin de maintenir des effectifs suffisants.
Miser sur la collaboration entre zones de secours
Pour les interventions exceptionnelles, la solution passe aussi par la mutualisation des moyens. Le commandant a notamment rappelé que les incendies des Hautes Fagnes avaient nécessité la mobilisation de l'ensemble des zones de secours belges.
Une zone ne peut, à elle seule, disposer en permanence des effectifs et du matériel nécessaires pour faire face à une catastrophe d'une telle ampleur.
Le capitaine André Bougard a complété ces explications en insistant sur les collaborations déjà engagées avec les zones voisines, mais aussi avec les services de secours français. L'objectif est de pouvoir mobiliser rapidement des renforts et du matériel spécialisé lorsque la situation l'exige.
Pour la zone de secours de Wallonie picarde, l'enjeu est donc double : adapter ses équipements et ses formations aux nouveaux risques tout en préservant un modèle reposant sur la complémentarité entre pompiers professionnels et volontaires.
E.H.