Le gouvernement wallon a tranché : la Boucle du Hainaut sera en partie enterrée
Au moins huit kilomètres devront être enfouis, tandis que de nouvelles mesures d'indemnisation sont prévues pour les riverains.
Le dossier de la Boucle du Hainaut franchit une nouvelle étape. Ce lundi, le gouvernement wallon a retenu un nouveau périmètre de réservation préférentiel pour cette future liaison électrique entre Avelgem et Courcelles.
Long d'environ 85 kilomètres, ce nouveau tracé a été élaboré sur la base du rapport sur les incidences environnementales. Le gouvernement wallon explique qu'il vise à limiter les conséquences du projet sur les habitations, les paysages et les activités économiques.

Tracé retenu pour la Boucle du Hainaut
Plusieurs communes de Wallonie picarde concernées
Le périmètre retenu traverse ou concerne 14 communes wallonnes, dont Ath, Brugelette, Celles, Chièvres, Frasnes-lez-Anvaing, Leuze-en-Hainaut, Mont-de-l'Enclus et Silly.
Pour réduire les impacts sur le territoire, le gouvernement indique avoir privilégie un tracé qui longe autant que possible des infrastructures existantes, notamment l'autoroute A8/E429, la N60 et la ligne TGV Lille-Bruxelles. La future ligne passerait également à proximité de plusieurs parcs d'activités économiques.
Au moins 8 kilomètres de ligne enfouis
Autre évolution importante : la Boucle du Hainaut combinera des tronçons aériens et souterrains.
Le gouvernement wallon fixe un minimum de huit kilomètres à enfouir, avec la volonté d'aller plus loin si les contraintes techniques et environnementales le permettent.
Une zone située à Thoricourt, dans l'entité de Silly, a été identifiée comme particulièrement favorable à l'enfouissement en raison de la présence d'habitations, de paysages remarquables et d'éléments patrimoniaux. Elle devrait être intégrée au tronçon souterrain.
Selon les études, une ligne entièrement enterrée n'est toutefois pas envisageable en raison des contraintes qu'elle ferait peser sur la stabilité et la capacité du réseau électrique.
Des rachats et des indemnisations pour les riverains
Le gouvernement a également défini dix conditions destinées à encadrer la suite du projet et qui devront être imposées au gestionnaire du réseau Elia, sous réserve de l'aboutissement des procédures.
Parmi les principales mesures figure la possibilité, pour les propriétaires qui le souhaitent, de faire racheter leur habitation si elle se situe à moins de 100 mètres de part et d'autre de la future ligne.
Une indemnisation automatique est également prévue pour les habitations situées dans une bande de 200 mètres de chaque côté du tracé, selon un barème dégressif.
D'autres dispositions concernent la protection des exploitations agricoles, les compensations pour les entreprises, l'intégration paysagère des pylônes, la biodiversité et la création d'un fonds destiné aux territoires concernés.
Une enquête publique prévue en 2027
La décision du gouvernement ne signifie pas que le tracé est définitivement approuvé.
L'administration wallonne doit désormais préparer un projet de modification des plans de secteur. Celui-ci sera soumis à une enquête publique au cours du premier semestre 2027, ainsi qu'à l'avis des conseils communaux concernés.
Cette enquête ne pourra ni débuter ni se terminer pendant une période de congés scolaires.
La Boucle du Hainaut doit permettre de renforcer le réseau électrique belge, notamment pour transporter l'énergie renouvelable produite en mer du Nord et répondre aux besoins croissants en électricité. La future liaison disposerait d'une capacité de transport de 6 GW.
J.C.