«Il y a urgence» : l’Esc’ALE Tournai-Pecq alerte sur la disparition de plusieurs de ses services dès janvier

«Il y a urgence» : l’Esc’ALE Tournai-Pecq alerte sur la disparition de plusieurs de ses services dès janvier

Tournai Pecq
«Il y a urgence» : l’Esc’ALE Tournai-Pecq alerte sur la disparition de plusieurs de ses services dès janvier

La réforme wallonne des Agences locales pour l’emploi doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. À Tournai, l’Esc’ALE craint la disparition de plusieurs services à la population et le licenciement de ses salariés. Interpellée au conseil communal, la Ville reconnaît ne pas avoir les moyens de reprendre l’ensemble des activités.

"Après-demain, on est en octobre. Le 1er janvier, ce qui est sûr et certain, c'est que les taxis ne roulent plus." Michaël Houwaert, chargé de communication et représentant de l'Esc'ALE ASBL, a insisté sur l'urgence de la situation ce lundi soir devant le conseil communal de Tournai.

Avec la réforme, les prestations ALE doivent être remplacées par des prestations à heures limitées, gérées dans le cadre de nouveaux points de contact uniques pilotés par le Forem.

Des services directement menacés

À Tournai et Pecq, l'Esc'ALE représente 71.482 heures de prestations en 2025, 1.645 utilisateurs et 167 prestataires actifs selon ses chiffres.

L'association organise notamment un service de taxi social utilisé en particulier pour des déplacements médicaux, mais aussi ALE'récup pour l'enlèvement d'encombrants. Elle intervient également dans les écoles et auprès de différents acteurs sociaux.

Selon Michaël Houwaert, ces services ne seront plus assurés sous leur forme actuelle après le 31 décembre. "On a des gens qui dépendent de nous pour des soins médicaux qui sont quand même de premier ordre et j'ai un petit peu peur pour ces gens-là", a-t-il expliqué.

L'avenir du personnel est également en jeu. L'Esc'ALE emploie douze salariés sur fonds propres. Deux doivent prochainement partir à la retraite mais les dix autres ont déjà reçu leur C4.

La Ville ne pourra pas tout reprendre

Tout en reconnaissant le rôle essentiel joué par l'ASBL, Delphine Delaunois (Les Engagés), échevine de la Cohésion sociale, a indiqué que la Ville et le CPAS n'avaient pas les moyens de reprendre l'ensemble de ses missions.

"Avec un déficit estimé de 17 millions d'euros, la Ville ne peut se permettre d'autres missions sans garantir un équilibre financier. Ni la Ville ni le CPAS n'ont les moyens de reprendre la totalité des activités de l'Esc'ALE", a-t-elle indiqué.

Des pistes sont néanmoins étudiées. Des engagements ont déjà eu lieu pour l'accueil scolaire et la question du taxi social doit notamment être examinée afin d'identifier d'autres acteurs susceptibles d'assurer ce service.

Un dialogue jugé constructif

Depuis le dépôt de son interpellation, Michaël Houwaert a rencontré des représentants de la Ville et du CPAS. Il a tenu à souligner le caractère constructif de ces échanges.

"On a senti que vous étiez vraiment à l'écoute et ça, je me dois de le signaler", a-t-il déclaré, tout en rappelant qu'aucune solution définitive n'avait encore été trouvée.

À trois mois de l'entrée en vigueur de la réforme, son message reste le même : "Au risque de me répéter, il y a urgence selon moi."


B.D.