Ere : le comité de riverains oppose sept points de désaccord au projet de la société Belvalor
Face au projet de construction de halls logistiques et industriels sur le site des Textiles d'Ere à la chaussée de Douai, de nombreux citoyens se mobilisent.
Deux ans plus tard, la société Belvalor, basée à Welkenraedt, revient à la charge avec un projet de construction sur le site des Textiles d'Ere. Une demande de permis unique a été déposée auprès de la Ville de Tournai, dans le but de démolir un ancien site industriel, d'assainir le sol et de construire des halls industriels et logistiques avec bureaux.
Cependant, de nombreux riverains ont déjà montré leur mécontentement face à cette nouvelle tentative. C'est le cas notamment du comité de riverains des Anciens Textiles d'Ere, qui explique être pour la démolition de la friche mais pas à n'importe quel prix. Il oppose plusieurs points de désaccord, qui concernent les inondations, le charroi de camions, l'étude d'incidences, le paysage et la hauteur, les nuisances ou encore et surtout la pollution des sols.
C'est pour revenir sur ces différents points et pour "montrer aux riverains l'incohérence du projet", que le comité les a réunis ce vendredi soir à la salle socio-culturelle d'Ere. Le comité désire par exemple que le site, historiquement pollué, soit totalement dépollué. Il fustige une pollution qui ne sera pas retirée mais bien recouverte. "Le propriétaire actuel voudrait encapsuler, confiner cette pollution, et rajouter en quelque sorte des terres de type 5, donc des terres comprenant des polluants", explique Xavier Vanboquestal.
Située en contrebas, la ferme biologique des Coquelicots se pose également des questions. "On n'a pas fait d'analyse de sol sur tous nos terrains, mais je pense qu'aujourd'hui on n'est pas touchés par la pollution déjà présente, raconte Sophie Cailliau. Mais des terres de remblai qui seraient amenées massivement, sont potentiellement volatiles et ça pourrait se diffuser plus largement. Et quand bien même ça ne touche pas mes terres, il y a plein d'autres terres agricoles, il y a des habitations, des potagers, des jardins et des enfants qui y jouent. Pour moi c'est absolument inadmissible de pouvoir autoriser des dépôts de terre de type 5 à proximité de zones d'habitat et de zones rurales".
Un remblai d'environ 4 mètres qui suscite la colère de ces riverains. "Le remblai de 78.000 m³ est présenté au public comme faisant partie de l'assainissement du site. Mais la justification d'assainissement est démentie par l'expert du demandeur", note le comité. "Leur but, c'est de mettre cette usine désaffectée au niveau de la route, alors qu'elle est semi enterrée [ ... ] Remblayer de 4 mètres de haut et construire des halls encore plus hauts, ça va faire une véritable balafre dans le paysage", lance Xavier Vanboquestal.
L.C.