Parc éolien de Barry-Vezon : des riverains saisissent le Conseil d'État contre l'autorisation des sept éoliennes

Parc éolien de Barry-Vezon : des riverains saisissent le Conseil d'État contre l'autorisation des sept éoliennes

Barry Vezon
Parc éolien de Barry-Vezon : des riverains saisissent le Conseil d'État contre l'autorisation des sept éoliennes

Le Comité des villages entre Bois et Plaine a introduit un recours contre le permis autorisant sept éoliennes de 230 mètres entre Barry et Vezon.

Le projet éolien de Barry-Vezon connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Ce jeudi 5 novembre, le Comité des villages entre Bois et Plaine a introduit un recours en annulation devant le Conseil d'État contre la décision du ministre wallon François Desquesnes d'autoriser l'implantation de sept éoliennes de 230 mètres de haut.

Porté par CCB et IPALLE, le projet prévoit l'installation des machines entre Barry et Vezon, notamment au sein et aux abords du bois de Barry. Initialement, huit éoliennes étaient envisagées, mais le ministre en a autorisé sept le 4 septembre dernier.

Le comité conteste notamment les conséquences potentielles du projet sur la biodiversité, les paysages et le cadre de vie des habitants.

Il rappelle que le Département de la Nature et des Forêts (DNF) avait rendu un avis défavorable, pointant notamment les impacts sur les espèces protégées et les insuffisances des analyses environnementales.

En mars 2026, l'administration wallonne avait refusé quatre éoliennes prévues en milieu forestier. Puis, le 11 août, les fonctionnaires chargés d'examiner les recours avaient préconisé le refus de l'ensemble du projet.

"Légalement, il n'est donc pas possible de délivrer le permis unique sollicité dans l'état actuel du dossier", avaient-ils conclu, selon le comité.

Le ministre François Desquesnes a néanmoins décidé d'autoriser sept des huit éoliennes.

Des inquiétudes pour le bois de Barry et les villages voisins

Pour les opposants, l'implantation de machines de cette hauteur dans un environnement rural et partiellement boisé soulève de nombreuses questions.

Le comité évoque notamment la présence d'un périmètre d'intérêt paysager et les conséquences possibles sur les écosystèmes locaux.

"Le choix de l'implantation est-il raisonnable au regard de la perte des écosystèmes et de la faune exceptionnelle ?", interroge Sélim Datoussaïd, porte-parole du Comité des villages entre Bois et Plaine.

L'association insiste sur le fait qu'elle ne s'oppose pas au développement des énergies renouvelables, mais estime que celui-ci doit respecter les exigences environnementales et tenir compte des habitants.

"Nous ne remettons pas en cause l'urgence de la transition écologique. Lorsque l'administration wallonne estime qu'un projet ne peut légalement être autorisé pour des motifs environnementaux et que le ministre donne malgré tout son feu vert, il est légitime de saisir le Conseil d'État", explique Laurent Vallieri, président du comité.

Les riverains regrettent également l'absence de participation citoyenne et de retombées directes pour les villages concernés. Selon eux, l'électricité produite serait principalement destinée à alimenter la cimenterie.

La Ville de Tournai pourrait intervenir dans la procédure

La Ville de Tournai avait elle aussi exprimé de fortes réserves sur ce projet dans un avis rendu le 29 janvier 2026.

Le 8 octobre dernier, le collège communal avait annoncé son intention d'intervenir en cas de recours introduit par les riverains.

Le Comité des villages entre Bois et Plaine se dit désormais ouvert à toute proposition concrète de la Ville pour soutenir la démarche.

Le Conseil d'État devra examiner les arguments juridiques avancés par les requérants. L'introduction de ce recours ne signifie pas, à elle seule, que le permis est annulé ou suspendu.


J.C.