Soupçons de conflit d'intérêts au Logis tournaisien : une procédure ouverte
À la suite des questions de la députée wallonne Dorothée De Rodder (PS), la Société wallonne du Logement a engagé une procédure contradictoire concernant un possible conflit d'intérêts au sein du Logis tournaisien.
Le dossier des acquisitions immobilières du Logis tournaisien fait l'objet de vérifications. Ce mardi 3 novembre, la députée wallonne Dorothée De Rodder (PS) a interrogé la ministre du Logement, Cécile Neven, sur les risques de conflits d'intérêts entourant un administrateur de la société de logement public.
Selon les éléments communiqués par la députée, cet administrateur, qui représente la Région wallonne depuis le 30 mai 2025, a entretenu des relations professionnelles avec le promoteur Deback, notamment comme consultant par l'intermédiaire de la société Urban Top.
Or, le Logis tournaisien a acquis dix maisons construites par une filiale de ce groupe immobilier. D'autres acquisitions seraient également envisagées.
L'administrateur avait participé au vote
Dans sa réponse parlementaire, la ministre Cécile Neven confirme avoir reçu, le 20 octobre, un rapport de la Société wallonne du Logement (SWL), daté du 24 septembre.
Ce rapport établit que l'administrateur concerné avait entretenu des relations professionnelles avec le promoteur Deback. Il avait néanmoins signé une déclaration d'absence de conflit d'intérêts et participé au vote relatif au dossier.
Face à cette situation, le conseil d'administration de la SWL a décidé, le 16 octobre, d'engager une procédure contradictoire, conformément à l'article 174 du Code wallon de l'habitation durable.
Le Logis tournaisien devra notamment expliquer comment le risque de conflit d'intérêts a été identifié, évalué et géré. Les vérifications porteront également sur la nature et l'importance des relations économiques entre les parties concernées.
La ministre a par ailleurs demandé des explications à l'administrateur, qui seront intégrées à la procédure.
Un projet retiré de la liste des projets contribuant aux objectifs du PNRR
Autre conséquence annoncée : par mesure de précaution, le projet concerné a été retiré des projets permettant d'atteindre les objectifs européens du Plan national pour la reprise et la résilience (PNRR).
Cette décision ne signifie toutefois pas qu'une irrégularité a été établie ni que l'ensemble du projet immobilier est définitivement abandonné.
Si un manquement devait être constaté, les mécanismes prévus par le Code wallon de l'habitation durable pourraient être appliqués, dans le respect des droits de la défense.
Dorothée De Rodder réclame toute la transparence
Pour la députée socialiste, l'ouverture de cette procédure constitue une avancée importante.
"Avoir une réponse claire et voir ces dossiers bloqués en attendant les résultats de l'enquête est une grande avancée. Cela montre que les questions soulevées sont prises au sérieux et que la transparence ne peut pas être une option. C'est une obligation", réagit Dorothée De Rodder.
Elle annonce vouloir revenir prochainement sur ce dossier pour connaître les conclusions des vérifications.
"C'est la responsabilité de la Région de placer des personnes irréprochables, afin de faire passer l'intérêt général et non l'intérêt particulier", ajoute-t-elle.
À ce stade, aucun conflit d'intérêts n'a été formellement établi. La procédure doit précisément permettre de déterminer si les règles applicables ont été respectées.
J.C.