Après la marche pour le climat, Marie-Colline Leroy (Ecolo) réclame des mesures concrètes : « La fin du monde, la fin du mois, c’est la même chose »
Des incendies aux écoles confrontées aux fortes chaleurs, en passant par le coût des transports en commun, Marie-Colline Leroy appelle à renforcer les mesures face au dérèglement climatique. La coprésidente d’Ecolo, originaire de Wallonie picarde, était l’invitée de Politiquement (in)correct au lendemain de la marche pour le climat.
La marche pour le climat organisée le dimanche 11 octobre dernier a remis l'urgence climatique au centre du débat. Pour Marie-Colline Leroy, coprésidente d'Ecolo et personnalité bien connue en Wallonie picarde, cette mobilisation citoyenne doit désormais se traduire en décisions politiques.
"Quand on voit ces personnes qui manifestent, c'est un appel au gouvernement", estime-t-elle sur le plateau de Politiquement (in)correct. Elle réclame des mesures fortes, à la fois pour adapter les territoires aux conséquences du dérèglement climatique et pour en réduire les causes, notamment la pollution.
Les épisodes de chaleur de cet été, les conditions difficiles rencontrées par les élèves en fin d'année scolaire et les incendies ont rappelé l'ampleur des défis. Pour l'écologiste, la question climatique est aussi une question sociale. "La fin du monde, la fin du mois, c'est la même chose", résume-t-elle, soulignant que les publics les plus fragiles sont particulièrement exposés aux conséquences du dérèglement climatique.
Des incendies jusqu'aux salles de classe
Les incendies de cet été illustrent, selon Marie-Colline Leroy, la nécessité de mieux anticiper les risques. Elle rappelle qu'Ecolo avait proposé un plan incendie dès le mois de juillet, mais que la réponse reçue ne l'avait pas convaincue.
"Finalement, ces 3.000 hectares qui sont partis en fumée", déplore-t-elle, en appelant à mettre en place des plans concrets pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.
La coprésidente d'Ecolo insiste également sur les conditions qui favorisent les méga-feux : chaleur, sécheresse et vent. "Il fait trop chaud, trop sec, il y a trop de vent. Et ça, c'est lié au dérèglement climatique", affirme-t-elle.
L'adaptation doit aussi concerner les infrastructures du quotidien. Les écoles, notamment, doivent pouvoir mieux résister aux fortes chaleurs. Marie-Colline Leroy plaide pour la rénovation des bâtiments scolaires et l'aménagement d'espaces de fraîcheur. Elle rappelle qu'Ecolo avait déjà défendu ces mesures lorsqu'il participait au gouvernement wallon.
Mobilité : des choix politiques contestés
Au-delà de l'adaptation, Marie-Colline Leroy pointe les décisions budgétaires et les mesures qui, selon elle, freinent la transition écologique. Elle craint que l'environnement ne soit relégué au second plan par le gouvernement fédéral Arizona.
Parmi les exemples qu'elle avance figure le prix de l'abonnement de transport pour les jeunes, passé de 12 euros par an à 380 euros. Une évolution qu'elle juge contradictoire avec la volonté de réduire la dépendance aux énergies fossiles.
"C'est tout à fait contre-productif par rapport à des mesures concrètes qu'on devrait faire", estime-t-elle.
Pour la coprésidente d'Ecolo, le renforcement des transports en commun et de la mobilité partagée doit rester une priorité. Elle défend également des investissements dans l'isolation des bâtiments et l'adaptation des espaces urbains aux fortes chaleurs.
Au lendemain de la marche pour le climat, Marie-Colline Leroy appelle donc les gouvernements à dépasser les déclarations d'intention. Pour elle, l'urgence climatique nécessite désormais des mesures concrètes, capables de protéger la population et de limiter les effets du dérèglement climatique.
O.W.