Malterie du Château à Beloeil : Soufflet Malt ne cherche pas de repreneur et envisage de conserver le site à l'arrêt
Interpellé par le député Jori Dupont sur l'avenir de la Malterie du Château à Beloeil, le ministre wallon de l'Économie, Pierre-Yves Jeholet, a apporté plusieurs précisions.
L'avenir de la Malterie du Château, à Beloeil, s'est invité au Parlement wallon ce mardi. Le député indépendant Jori Dupont a interrogé le ministre de l'Économie, Pierre-Yves Jeholet, sur la décision du groupe Soufflet Malt de suspendre la production sur ce site historique à la fin de l'année 2026.
Active depuis 1868, la malterie appartient depuis 2023 au groupe Soufflet Malt, filiale d'InVivo. L'annonce de l'arrêt de la production a suscité de nombreuses inquiétudes parmi les travailleurs, mais aussi chez les brasseurs locaux qui s'approvisionnent auprès de l'entreprise.
Le groupe ne prévoit pas de vendre le site
C'est l'une des principales informations apportées par le ministre : Soufflet Malt ne cherche actuellement pas de repreneur pour la malterie de Beloeil.
"À ce stade, le groupe ne prévoit ni la cession du site, ni la recherche d'un repreneur", a précisé Pierre-Yves Jeholet, sur la base des informations communiquées par l'entreprise à son cabinet.
Le groupe souhaite conserver son outil de production, même à l'arrêt, et n'exclut pas de reprendre un jour ses activités si les conditions du marché devaient s'améliorer.
Cette perspective inquiète Jori Dupont, qui redoute que le maintien du site à l'arrêt empêche une éventuelle reprise par un autre acteur du secteur.
"C'est pas évidemment pas illégal, mais c'est un peu immoral", a-t-il réagi, estimant que cette stratégie pourrait empêcher un concurrent de s'installer et de continuer à approvisionner les brasseries locales.
Une procédure Renault concernant 26 emplois
Le ministre a également confirmé que la procédure Renault, enclenchée après l'annonce du 30 septembre, concerne 26 emplois.
La procédure se trouve actuellement dans sa première phase d'information et de consultation entre la direction et les représentants des travailleurs.
Si l'entreprise confirme ensuite son intention de procéder à un licenciement collectif, des négociations devront être engagées sur un éventuel plan social.
Pierre-Yves Jeholet a précisé que les dispositifs régionaux d'accompagnement et de reclassement pourront intervenir dans le cadre de cette procédure.
Le ministre a par ailleurs indiqué que la Malterie du Château n'avait bénéficié d'aucune aide régionale à l'investissement depuis sa reprise en 2023, que ce soit pour le site de Beloeil ou celui de Ghlin.
Des investissements jugés trop importants par Soufflet Malt
Pour expliquer sa décision, le groupe invoque un contexte difficile pour l'ensemble de la filière brassicole, marqué par une diminution de la consommation de bière, une baisse des volumes et une hausse des coûts de production.
Selon les informations transmises au ministre, Soufflet Malt aurait investi près de deux millions d'euros depuis 2023 pour améliorer la sécurité des installations et leur conformité aux normes alimentaires.
L'entreprise estime toutefois que de nouveaux investissements, notamment dans le traitement des eaux usées, seraient difficilement compatibles avec les perspectives économiques du site.
Jori Dupont conteste les justifications de la fermeture
Ces arguments ne convainquent pas le député.
Jori Dupont rappelle notamment que la commune de Beloeil a confirmé la validité du permis d'environnement de la malterie jusqu'en 2044. Il conteste dès lors l'idée qu'une échéance imminente du permis puisse justifier l'arrêt de la production.
Il remet également en question l'argument de la vétusté des bâtiments, estimant que leur ancienneté était connue lors du rachat du site en 2023.
Pour le député, cette décision relève davantage d'un choix stratégique du groupe que d'une impossibilité de poursuivre l'activité.
J.C.